Cathédrale saint Stéphane

1895 : inauguration de la cathédrale grecque Saint Etienne, 7 rue Georges Bizet, 75116 Paris, dédiée au Proto martyr et Proto diacre Saint Stéphane

 

Saint Stéphane, Premier martyr et Archidiacre de l'Eglise !

 

"Stéphane était le premier des sept diacres établis par les Apôtres à Jérusalem et chargés de pourvoir aux besoins des pauvres. Il était remarquable par la sagesse de sa conduite. Sous l'action de l'Esprit Saint, il réfuta les arguments des négateurs du Seigneur qui, de fureur, le lapidèrent tandis qu'il voyait "les cieux ouverts et le Fils de l'homme siégeant à la droite de Dieu" et clamait: "Seigneur, ne leur impute point ce péchés." (Actes VI-VII). C'est ainsi qu'il devint, en l'an 36, le premier martyr de l'Eglise du Christ. Sa fête est célébrée le 27 décembre. Son nom le plus courant en français est Etienne."

 

Description actuelle de l'église Saint Stéphane

 

Extraits du dossier de recensement pour la protection au titre des Monuments historiques -  "Le livre du centenaire de la Cathédrale orthodoxe grecque Saint Stéphane de Paris" Paris 1995 

 

"Le terrain sur lequel Emile Vauderemer devait élever l'église grecque et son presbytère était exigu, enserré entre plusieurs immeubles et d'une configuration difficile à eploiter pour un tel projet architectural. L'architecte sut pourtant en tirer un parti remarquable. Il a ainsi été contraint d'édifier l'église parallèlement à la rue Georges Bizet de telle sorte que la façade construite sur la rue corresponde non pas à la façade principale mais à une façade latérale. Cette façade est cependant traitée comme une façade d'entrée. L'accès s'y fait par l'intermédiaire d'une porte située à l'extrémité droite de la façade et qui ouvre sur un couloir formant le narthex. Cet espace intermédiaire conduit le visiteur soit immédiatement en entrant et sur la gauche dans l'église, soit vers le presbytère situé à l'église, au fond de la parcelle.

 

L'église est formée d'une nef, de deux bas-côtés ouvrant sur la nef par trois arcades et surmontés d'une vaste tribune, et d'une abside en cul de four. Une vaste coupole sur pendentifs surmonte la nef de plan carré à l'instar des églises  à file de coupoles d'origine byzantine. Les murs des bas-côtés sont percés au rez-de-chaussée de petites baies cintrées et au niveau de la tribune de trois grandes baies également cintrées, ornées de verrières ornementales à motifs géométriques réalisées par l'atelier du maître-verrier Léon Avenet qui fut quelques années plus tôt l'auteur des vitraux de l'église Notre Dame d'Auteuil.

 

Une large place a été réservée au décor peint dont la réalisation a été confié au peintre Charles Lameire, aidé du peintre Compan pour la partie décorative proprement dite et du peintre Piazza. Ces peintures s'inspirent très largement des décors byzantins dont le hiératisme correspondait bien au style de l'artiste. Il en reprend les grands thèmes iconographiques (le Christ Pantocrator, la Pentecôte ...), le répertoire de couleurs (harmonie des ors, grands aplats de couleurs dominés par les bleus) et la simplicité de la lecture. Ces peintures ont toutes la particularité d'avoir été réalisées sur fond côtelé. A la mort de Charles Lameire en 1911, son élève le peintre Piazza fut chargé de terminer certains décors de l'église.

 

Les parties hautes de l'église (coupole, abside, voussures encadrant la coupole) reçoivent une iconographie figurative tandis que les parties basses de l'église sont entièrement décorées de peintures ornementales. Cette décoration formant tenture, est essentiellement composée de motifs de croix, dauphins et vignes. Les douze apôtres et la colombe symbolisant la Pentecôte ornent la coupole, tandis que le tambour est parcouru par un cortège d'animaux formé de lions, lionne, tigre, hippopotame, zébus, biche et cerf. Les quatre prophètes Daniel et ses lions, Jérémie et l'incendie de Jérusalem, Ezéchiel et sa double roue, Isaïe et sa scie, instrument de sa mort, prennent place dans les écoinçons. Sur chaque voussure bordant la coupole, sont figurés des anges séraphins entourés par Adam et Eve, Noé et Seth, Juda et Jacob, Melchisédek et Abraham. Le Christ Pantocrator orne le cul de four de l'abside. Il a été refait dans les années cinquante dans un style plus conforme à l'iconographie byzantine. Les Pères de l'Eglise sont figurés sous le Christ et les saints du calendrier grec sont placés au-dessous.

 

Sur l'iconostase, le Christ et la Vierge sont entourés de Saint-Jean Baptiste et de Saint Etienne. Une représentation de la cène orne le haut de l'iconostase. Dans des médaillons sont représentés les fêtes importantes du calendrier (l'Epiphanie, la Résurrection...). L'iconostase a été réalisée par un peintre spécialiste des icônes et iconostase, L. Thiersch. Emile Vaudremer avait aussi été chargé de dessiner le mobilier liturgique de l'église dont les archives de l'église conservent aujourd'hui quelques  dessins: les chaises et fauteuils, la chaire, le trône, les appliques et les lustres ...". Bénédicte Colas-Bouyx, Paris 1995

 

La cérémonie de consécration de l'église Saint Stéphane

 

 

Extraits du Journal ecclésiastique publié à Marseille par l'Archimandrite Grégoire Zigavinos, Janvier 1896, Source : "Le livre du centenaire de la Cathédrale orthodoxe grecque Saint Stéphane de Paris" Paris 1995 

 

"La cérémonie de la consécration de l'église Saint Stéphane rue G. Bizet, fondée par feu Démétrius Stéfanovitch Schylizzi fut l'une des plus rares à Paris. Monsieur Paul Schylizzi, frère du bienheureux fondateur et son exécuteur testamentaire, demanda à Sainteté le Patriarche Œcuménique de désigner un prélat du Trône Œcuménique pour procéder à la consécration de l'église. Sa Sainteté désigna ainsi son Eminence le Métropolite d'Héraclée Monseigneur Germanos, et fit envoyer du Patriarcat œcuménique les saintes reliques, les antiminsia et le saint chrème, nécessaires à la cérémonie de la consécration. Avec l'autorisation de la Préfecture de Police la cérémonie de l'inauguration fut fixée au dimanche 22 décembre (1895). La veille de l'inauguration furent chantées les premières vêpres et les Saintes reliques placées sur une patène, un cierge brûlant devant elle toute la nuit. Vers huit heures du matin, le Métropolite gravit les marches du trône épiscopal et bénit le peuple. Pendant les matines, il pénétra dans le sanctuaire, revêtit tous les ornements pontificaux et commença la cérémonie de l'inauguration. Eut lieu d'abord la Triple Procession (trois fois le tour de l'Eglise), ouverte par le Père Vassilief, archiprêtre de l'église russe, suivi de deux archimandrites, de deux diacres et de l'évêque portant les saintes reliques. Après la troisième procession eut lieu l'ouverture solennelle des portes de l'église. L'évêque, suivi du clergé, pénétra à nouveau dans le sanctuaire, revêtit l'aube blanche ("savanon") propre à cette célébration et commença la cérémonie proprement dite de la consécration. Un écrin d'argent contenant les saintes reliques ainsi que le nom du fondateur et des membres de sa famille fut déposé dans l'ouverture de la colonne destinée à soutenir la Sainte Table. Furent alors présentés la cire et le mastic fondus et versés dans l'ouverture et autour d'elle. La Sainte Table, en marbre et de forme rectangulaire, y fut alors adaptée. Elle fut bien lavée avec de l'eau chaude et du savon, puis consacrée avec le saint chrème, séchée avec les "antiminsia" à consacrer et des éponges prévues à cet effet. L'évêque la couvrit alors du "catasarkion" (ornement d'étoffe blanche simple posé à même la Sainte Table) après y avoir préalablement inscrit aux quatre coins le nom des quatre évangélistes: il la couvrit ensuite de son ornement brodé d'or. Il alluma alors la veilleuse posée sur la Sainte Table et donna l'ordre d'allumer toutes les veilleuses de l'église ainsi que le grand lustre. L'un des archimandrites prit un roseau surmonté d'une éponge et oignit de sainte chrème toutes les colonnes de l'église. La cérémonie de la consécration étant ainsi accomplie commença alors la Divine Liturgie...". 

 

Cathédrale Saint Stéphane, Repères chronologiques choisis

 

Principales dates saillantes !

 

 

1890 : Pose de la première pierre – Début des travaux

 

1895 : le 22 décembre, consécration de l’église – L’archimandrite Logthétis premier recteur de Saint Stéphane, qui sera élu en 1904 archevêque du Mont Sinaï et à qui succèdera à Saint Stéphane, l’archimandrite Germanos Vassilakis, recommandé par le patriarche œcuménique Joachim III

 

1908 : célébration d’un Requiem pour Constantin Paléologue, dernier empereur de Byzance

 

1912 : célébration d’un Requiem pour le patriarche Joachim III

 

1913 : Requiem solennel pour le repos de l’âme du roi Georges Ier de Grèce

 

1918 : Te Deum solennel pour la fin de la première guerre mondiale

 

1920 : Plusieurs Te Deum pour la signature des traités et des victoires grecques en Asie Mineure – Requiem pour le repos de l’âme du roi Alexandre

 

1922 : Requiem pour le repos de l’âme du métropolite Chrysostome de Smyrne

 

1923 : Te Deum pour la Paix (Traité de Lausanne)

 

1936 : Requiem solennel pour le repos de l’âme de Eleuthérios Vénizélos

 

1941 : Spyridon Spathi, maître de chapelle depuis le jour de la consécration en 1895 meurt à Neuilly sur Seine à l’âge de 88 ans. Ses obsèques sont célébrées à Saint Stéphane avec sa musique et sa chorale.

 

1944 : Durant les années difficiles de l’occupation, l’église abrite un poste de la Croix-Rouge et héberge des vieillards.

 

1946 : Arrivée de l’archimandrite Mélétios Karabinis (futur métropolite Mélétios) pour occuper le poste, vacant depuis 1933, de deuxième prêtre de l’église. Il deviendra recteur en 1950.

 

1953 : Saint Stéphane devient le siège d’un évêché. L’archimandrite Mélétios Karabinis est élu évêque auxiliaire de l’archevêché de Thyateira (Grande Bretagne) avec le titre d’évêque de Reggio et, comme siège, l’église Saint Stéphane.

 

1959 : ordination diaconale du père Panayotis Simiyatos – Arrivée de Constantinople du diacre Jérémie Kalligeorgis, diplômé de l’école patriarcale de Théologie de l’île de Halki.

 

1963 : l’église Saint Stéphane devient cathédrale. Par décret patriarcal et synodal est créée la Sainte Métropole de France. L’évêque de Reggio Mgr Mélétios est élu premier Métropolite de France avec Saint Stéphane pour siège. L’archiprêtre Panayotis Simiyatos devient recteur de Saint Stéphane.

 

1964 : Assistance du Général de Gaule, président de la République française, au requiem officiel chanté pour le repos de l’âme du roi Paul Ier de Grèce. Ordination à la prêtrise du diacre Jérémie Kalligeorgis, lequel reçoit le titre d’Archimandrite et devient vicaire général de la Métropole de France nouvellement fondée. Le diacre Stéphane Charalambidis (actuel Métropolite de Talinn) devient archidiacre de la Métropole de France. Il sera ordonné prêtre en 1968.

 

1971 : L’archimandrite Jérémie Kalligeorgis élu évêque auxiliaire de la Métropole de France avec le titre d’évêque de Sassima est consacré évêque le 31 janvier.

 

1972 : Assistance particulièrement nombreuse pour le Requiem chanté pour le Patriarche Athénagoras. Parmi l’assistance de nombreux représentants des autres communions chrétiennes.

 

1977 : funérailles de Maria Callas.

 

1987 : sacre épiscopal de l’archimandrite Stéphane Charalambidis, vicaire général de la Métropole, élu évêque auxiliaire de la Métropole de France avec le titre d’évêque de Nazianze (25 juillet).

 

1988 : démission pour raisons de santé, du premier Métropolite de France, Mgr Mélétios et élection de Mgr Jérémie, Métropolite de France pour lui succéder. Le 26 juin, Son Eminence le métropolite Constantin de Derkon, intronise solennellement le nouveau Métropolite de France et Exarque de toute l’Ibérie Mgr Jérémie en présence de l’ancien Métropolite de France, de nombreux évêques et prêtres et d’une foule de fidèles venus, avec émotion, saluer l’ancien Métropolite et féliciter le nouveau.

 

1991 : Requiem solennel suivi par une nombreuse assistance pour le Patriarche Œcuménique Dmétrios Ier. Et Te Deum solennel à l’occasion de la montée sur le Trône Œcuménique de Sa Sainteté Bartholoméos.

 

1993 : funérailles solennelles de l’ancien Métropolite de France, Mgr Mélétios, rappelé à Dieu à Athènes. L’office funèbre, chanté sous la présidence du Métropolite Jérémie entouré de sept évêques (notamment les évêques membres du Comité Inter Episcopal orthodoxe en France) et de l’ensemble des prêtres de la Métropole fut suivi par une foule nombreuse qui accompagna ensuite le convoi jusqu’au cimetière parisien de Bagneux. Saint Stéphane faisait ainsi ces adieux au Métropolite Mélétios qui l’avait servi pendant quarante deux ans et qui aimait passionnément sa cathédrale.

 

1995 : Visite du Patriarche de l’Eglise copte Shénouda. La cathédrale Saint Stéphane est officiellement inscrite sur l’inventaire des Monuments historiques de la Région Ile de France. Centenaire de la Cathédrale Saint Stéphane de Paris auquel l’honneur de la visite officielle de Sa Sainteté le Patriarche Œcuménique Bartholoméos Ier, donne un éclat tout particulier. Ainsi, il y a un siècle c’est un future patriarche Œcuménique qui célébrait la consécration de la future cathédrale Saint Stéphane de Paris ; aujourd’hui, en 1995, c’est un patriarche Œcuménique en fonction qui, en célébrant la Divine Liturgie Patriarcale, manifeste la confirmation du dessein de la Providence : c’est le Seigneur qui a édifié et béni cette Maison de Sanctification de la gloire de son Saint Nom. Amen.

 

"Le livre du centenaire de la Cathédrale orthodoxe grecque Saint Stéphane de Paris" Paris 1995

 

[PS : C’est en 2003 que le métropolite Jérémie quitte la France après son élection à la tête de la Métropole de Suisse (du Patriarcat Œcuménique). Le métropolite Emmanuel lui succède après son élection par le Saint Synode du Patriarcat Œcuménique à la tête de la Métropole de France (du Patriarcat Œcuménique). En 1999, l’évêque Stéphane de Naziance avait été élu métropolite de Tallinn et de toute l’Estonie à la tête de l’Eglise orthodoxe apostolique d’Estonie, une juridiction autonome de l’Eglise orthodoxe en Estonie, rattachée canoniquement au Patriarcat Œcuménique] 

 

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